L’opinion du spectateur.

lundi 25 mars 2013
par  M.Pirat
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L’opinion du spectateur :

Comme chaque mercredi, ce mercredi 20 mars, le spectateur se lève tôt, très tôt, surement trop tôt. Le mercredi il fait beaucoup de kilomètres et, au début de l’après-midi, il est un peu fatigué. Cependant il a décidé d’aller voir un concours de danse. Des collègues lui ont dit que ses élèves participent, et il faut bien soutenir ses élèves chaque fois que cela est possible. Donc le spectateur trouve la salle, il rentre et il commence à observer.

Tous les collégiens de la Nièvre se sont appliqués, ils ont tous travaillé. Le spectateur remarque des bonnes choses : parfois c’est une idée intéressante, parfois un geste bien exécuté... et le spectateur attend...
Pas de chance : ses élèves seront les derniers à monter sur scène.

Enfin les voilà. Le thème est à la fois ambitieux et ouvert « Du crépuscule à l’aube », il s’agit donc d’une sortie des ténèbres. Mais quelles sont ces ténèbres ? Et quelle est la sortie ? Le spectateur est curieux.

Ça commence ! D’abord des gestes accompagnent des phrases très fortes. Les corps des jeunes danseurs interprètent les paroles et en deviennent comme les symboles. Pas mal du tout. La nuit est donc l’exclusion, le racisme, la peur de l’autre... et quelle sera donc la solution ?
Et l’attention et l’attente du spectateur augmentent.

Le spectacle continue et le spectateur se demande combien de temps les élèves ont travaillé... ils sont parfaits. Les mouvements sont correctement exécutés et surtout il y a une harmonie dans l’ensemble qui fait oublier au spectateur le fait que les danseurs ne sont pas des professionnels.

Et la musique change, elle devient plus dure, un RAP qui parle d’exclusion.
Après le soir, le spectateur sait qu’il se retrouve désormais dans la nuit la plus profonde.
Un danseur soliste exprime avec virtuosité toute la violence contenue dans le texte de la chanson.
Le spectateur ne sourit plus, il participe de la souffrance mise en scène.

La musique se termine et tout semble disparaître sauf le regard, au combien noir, du danseur.
Mais si les nuages peuvent cacher le soleil, le soleil doit bien revenir : les ténèbres ne durent jamais pour toujours. Ainsi il suffit d’un petit geste d’une jeune fille et tout change.
La reconnaissance de l’autre, l’acceptation, l’amour : telle est depuis toujours la seule solution. C’est évident ? Peut-être. Nous le savons tous ? Peut-être et pourtant nous l’oublions trop souvent... mais la nuit est presque terminée. C’est l’aube.
Le spectateur passe de la souffrance à la joie, la musique devient rapide, les gestes deviennent lumineux. Sur scène les danseurs dansent du rock à l’unisson. C’est excellent, tout est soigné, même les expressions des danseurs ont complètement changés : les visages, qui étaient fermés, se sont ouverts et on dirait que le soleil se lève sur la scène.

Le dernier tableau qui compose le spectacle donne le sens ultime à tout l’ensemble mais le spectateur n’est pas égoïste et il ne va pas le décrire ici car il veut réserver un peu de suspense pour tous ceux qui n’ont pas encore eu la chance de voir cette étonnante réalisation.

Et le spectateur est encore dans la salle. Pourquoi ? Qu’est ce qu’il attend ? Le verdict va bientôt tomber, mais lui il ne reste pas pour le connaître, il a vu ce qu’il a vu et il sait que le collège a gagné ; non, il reste car le collège vainqueur devra rejouer le spectacle et le spectateur a déjà envie de le revoir !


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